farahkellou.fr

L’ambivalence maternelle : quand des émotions opposées coexistent

L’ambivalence maternelle : quand des émotions opposées coexistent Devenir mère s’accompagne souvent d’émotions intenses, parfois contradictoires.Un amour profond pour son enfant peut cohabiter avec de la fatigue, de l’agacement, de la tristesse, voire l’envie de s’éloigner ou de souffler. Cette coexistence d’émotions opposées porte un nom : l’ambivalence maternelle. Elle n’est ni un échec, ni un manque d’amour, ni un dysfonctionnement.Elle est une expérience humaine normale, largement partagée, mais encore trop peu nommée. Une réalité biologique, hormonale et contextuelle L’ambivalence maternelle n’apparaît pas par hasard. Sur le plan biologique et hormonal, la période du post-partum est marquée par de profonds bouleversements : chute brutale des hormones de grossesse, variations de la prolactine et de l’ocytocine, privation de sommeil, récupération physique incomplète. Le corps et le cerveau s’adaptent à une nouvelle réalité intense, souvent sans pause. Sur le plan émotionnel, devenir mère implique un remaniement identitaire majeur : changement de rythme, de priorités, de place dans la famille et dans la société. Il est normal que cette transition suscite des émotions contrastées. Enfin, le contexte joue un rôle central. L’isolement, le manque de relais, la pression à « bien faire », l’injonction à être épanouie, disponible, patiente et reconnaissante rendent ces émotions plus difficiles à accueillir. L’ambivalence n’est donc pas le signe d’une fragilité individuelle, mais le résultat d’un équilibre complexe entre le corps, les émotions et l’environnement. Pourquoi notre société rend cette ambivalence plus lourde à porter Dans notre société, la maternité est encore largement idéalisée.On valorise l’amour inconditionnel, le don de soi, la joie permanente. Les émotions dites « négatives » ont peu de place dans le récit collectif. Résultat : beaucoup de mères taisent ce qu’elles ressentent réellement, par peur d’être jugées ou de ne pas correspondre à l’image attendue.Elles pensent être seules à éprouver ces contradictions, alors qu’elles sont en réalité très fréquentes. À cela s’ajoutent : une reprise du travail parfois précoce, une charge mentale élevée, un manque de soutien concret, peu d’espaces pour déposer ses ressentis sans être minimisée ou corrigée. L’instinct maternel est toujours présent, mais le contexte actuel prive souvent les mères des conditions nécessaires pour le laisser s’exprimer pleinement. Quand s’inquiéter, sans dramatiser Dans la majorité des cas, l’ambivalence maternelle est transitoire et fluctue au fil des jours et des semaines. Elle peut s’intensifier lors des périodes de fatigue, de solitude ou de surcharge. Il est toutefois important de demander de l’aide lorsque : le mal-être est constant et envahissant, le sentiment de détresse s’aggrave avec le temps, il y a une perte durable de plaisir ou d’élan, des pensées de rejet, de danger ou d’auto-dévalorisation deviennent présentes, la mère se sent incapable de demander de l’aide ou de créer du lien. Ces signaux ne sont pas des fautes, mais des indicateurs qu’un accompagnement est nécessaire. Parler à un professionnel formé peut faire une réelle différence. Un message essentiel pour conclure Ressentir des émotions ambivalentes ne remet jamais en cause l’amour porté à son enfant.Aimer profondément et trouver la maternité éprouvante peuvent coexister. Ce qui nourrit le plus un bébé ne se mesure pas uniquement en gestes parfaits ou en émotions positives, mais dans la présence, la sécurité affective, la disponibilité émotionnelle et la possibilité pour le parent d’être soutenu. Nommer l’ambivalence, c’est permettre aux mères de respirer un peu plus librement.C’est reconnaître que la maternité est une expérience vivante, complexe, profondément humaine, et que chaque parcours mérite respect et douceur. Farah Kellou

Comment tisser du lien avec son bébé ?

Comment tisser du lien avec son bébé ? Créer du lien avec votre bébé est essentiel pour son développement affectif, sa sécurité émotionnelle et son bien-être. Il existe de nombreuses façons de vous connecter à votre enfant et cela dès les premiers instant de vie de votre tout petit. Ces gestes du quotidien permettent de renforcer la relation parent-bébé tout en stimulant ses sens et sa motricité.  1. Regarder et observer votre bébé Le simple fait de le regarder dans les yeux favorise la communication non verbale et renforce le sentiment de sécurité. Les expressions faciales, les sourires et les mimiques sont autant d’occasions de créer du lien. 2. Parler et chanter à votre bébé Parlez-lui tout au long de la journée pour lui apprendre le rythme et les sons de votre voix. La musique et la voix parentale apaisent et stimulent le bébé. Peu importe si vous ne vous souvenez plus des paroles, si les chansons sont inventées, ou si vous ne connaissez aucune comptine par cœur. Et même si vous chantez faux : votre bébé n’attend aucune performance. Ce qu’il perçoit, ce n’est pas la justesse, mais l’intention, la présence et toute l’affection portées par votre voix. 3. Lire des histoires Lire à haute voix dès le plus jeune âge développe le langage et crée un moment de proximité unique. Même quelques minutes par jour suffisent à renforcer le lien. 4. Le masser Le massage favorise le bien-être, soulage les tensions et stimule le développement sensoriel et moteur. Il est également un moment privilégié de contact peau à peau. 5. Stimuler la motricité Mettre le bébé sur un tapis de motricité adapté à son âge l’aide à découvrir son corps et son environnement. Ces moments de jeu favorisent également l’interaction avec le parent. 6. Peau à peau et portage Le peau à peau réchauffe, apaise et crée un lien émotionnel fort. Le portage en écharpe, en swing, en préformé, en porte-bébé ou à bras favorise le contact, rassure le bébé et libère les mains du parent pour d’autres activités. 7. Musique et activités sensorielles Jouer de la musique ou écouter des sons ensemble stimule l’ouïe et la créativité. Les bébés adorent participer, taper dans les mains ou bouger au rythme de la musique. 8. Sorties et nature Les promenades en extérieur offrent un environnement riche en stimulations : bruits, odeurs, paysages. Cela favorise la curiosité et les échanges avec le parent. 9. Bain et bébé nageur Le bain est un moment ludique et rassurant, propice à la proximité et au toucher. Les cours de bébé nageur permettent au bébé de découvrir l’eau, tout en renforçant le lien avec le parent dans un cadre sécurisé. Tisser un lien avec son bébé ne nécessite pas d’activités compliquées. Regarder, parler, chanter, masser, porter et jouer suffisent pour créer une relation forte et sécurisante. Ces moments de proximité quotidienne favorisent le développement émotionnel, moteur et cognitif de votre enfant, tout en vous permettant de profiter pleinement de sa présence. Bon tissage de lien avec votre tout petit  Farah Kellou

De la vie intra-utérine au monde extérieur : comprendre la continuité transnatale

Continuité transnatale :Que se passe-t-il pour votre nouveau-né après sa naissance ? Votre bébé était lové, au chaud à l’intérieur de votre enveloppe corporelle, dans du liquide amniotique relié à vous par le placenta.  Il était ainsi nourri en continu, bercé par les battements de votre cœur, de votre respiration et le rythme de vos pas. Puis… vient le grand jour, celui de la sortie vers la vie extra-utérine : la naissance. Que celle-ci soit par voie basse ou par césarienne, c’est un réel parcours du combattant, pour vous-même bien sûr, mais aussi pour votre bébé… Ça y est, votre bébé est né ! Quel bonheur pour votre famille ! Alors qu’il avait tout en continu et à volonté au creux de vos entrailles, votre bébé doit à présent apprivoiser une multitude de nouvelles sensations, comme : la faim, le froid, la pesanteur, et même celle devenue des plus basiques pour nous : la respiration à pleins poumons. Sa naissance est donc un chamboulement pour lui et pour vous… Ce petit-être va devoir se reposer de ce voyage, mais également apprendre à gérer les nouvelles informations/stimuli sensoriels qui lui parviennent à travers ses sens tels que : le toucher, la vue, le goût, l’odorat, mais également l’oreille interne qui est aussi composée du système vestibulaire, (ce système permet à l’enfant de percevoir les déplacements de son corps dans l’espace). Cependant, dès la naissance, votre bébé à déjà de belles compétences. En effet, il va reconnaître certains stimuli qu’il aura appris au cours de la période fœtale, tels que :  Votre voix, qui pendant la grossesse était entendue de l’intérieur et de l’extérieur de votre corps, mais aussi certains sons qu’il aura intégré, tel que : la voix du co-parent, ou encore la musique écoutée pendant votre grossesse… Tout cela grâce à la mélodie, aux intonations, au timbre et au rythme des différents sons auparavant entendu.  Votre odeur, celle de votre peau, senti auparavant de l’intérieur, mais qu’il va pouvoir reconnaître parmi tant d’autres femmes, et cela, dès la naissance. Votre bébé va d’ailleurs associer votre odeur et votre voix à votre visage, dès les premières heures de sa venue au monde. L’odeur de votre lait maternel qui aura des composants identiques au colostrum (le lait des tous premiers jours) et également au liquide amniotique. Votre rythme cardiaque Votre rythme respiratoire quand il sera contre votre buste (en peau à peau ou pas) Le rythme de vos pas quand vous marcherez en le portant dans vos bras ou dans une écharpe de portage adapté à sa morphologie et la vôtre. La plupart des autres entrées sensorielles et sensitives seront des nouveautés pour votre bébé. C’est comme s’il découvrait un « nouveau monde », aérien cette fois. De ce fait, pour se rassurer, et parce qu’il en a les compétences, il va avoir tendance à rechercher un environnement et des stimuli qui ressemblent à ce qu’il a vécu, dans son « ancien monde aquatique », le milieu intra-utérin. C’est ce qu’on appelle la continuité transnatale. En plus, d’avoir à encoder toutes ces nouvelles informations, votre nouveau-né va devoir apprendre à gérer l’espace de son corps dans ce nouveau milieu. À cela, s’ajoute la composante de la pesanteur, jusqu’alors inconnue, votre bébé va devoir composer pour effectuer les mêmes mouvements qu’il faisait plus facilement sans cette composante, et en étant contenu par la paroi de l’utérus, dans du liquide amniotique. Votre progéniture progresse à son rythme pour découvrir ce nouvel environnement, il aura besoin de votre aide. Votre bébé aura besoin d’interactions positives faites d’amour et de bienveillance, pour soutenir et encourager sa croissance et son développement psycho-moteur dans ce « nouveau monde aérien ». Bon tissage de lien avec votre bébé. Farah KELLOU